Réunion d’information relative aux nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé
Actualité de la psychanalyse
Réunion d’information du 18 février 2026
Réunion d’information relative aux nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé du 12/02/2026.
Le 12 février dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié ses recommandations sur les Troubles neurodéveloppementaux (TND), en particulier les troubles du spectre autistique.
Dans ce document de plus de 30 pages, une décision se distingue, aux conséquences très préoccupantes pour tous les acteurs de la pédopsychiatrie et de la psychiatrie, cliniciens en institutions, libéraux, universitaires et chercheurs, qui se réfèrent à l'approche psychanalytique. Inspirées de la psychanalyse, toujours dans un cadre pluridisciplinaire, leurs méthodes thérapeutiques et de prise en charge, jusque-là qualifiées de « non consensuelles », deviennent ici « non recommandées ». La prochaine étape franchie par la HAS pourrait consister à rendre ces recommandations opposables, c’est à dire obligatoires. Il resterait alors un seul obstacle à cette opposabilité : le principe de la liberté de prescription, jusque-là défendu par le Conseil de l’Ordre des Médecins, obstacle juridique aisément contournable.
Sans être tout à fait surprenante, cette décision de l’HAS dérive de l’accumulation d’épisodes idéologiques, politiques et économiques successifs, qui prennent appui sur un trépied stratégique efficace, déjà expérimenté aux USA :
1) Stratégie de communication consistant à l’évidence à exploiter à des fins de propagande la souffrance réelle et les colères durables et parfois légitimes de certaines familles contre les psychanalystes qu’ils ont consultés.
2) Lobbying massif biaisant la sélection des experts aux différents niveaux de l’HAS, ce qui facilite, en l’absence de véritables preuves scientifiques, un consensus d’experts partisans et l’élimination des études qui prouvent l’efficacité des thérapies inspirées par la psychanalyse : cela au nom d’une fidélité à une interprétation restrictive de la méthode EBM (evidence based medecine), si peu adaptée à l'évaluation du travail psychanalytique.
3) Recrutement de cabinets d’avocats qui préparent les contentieux avec les institutions dont les statuts ou le projet d’établissement se réfèrent à la psychanalyse.
Trois aspects supplémentaires s’ajoutent aux motivations de ces recommandations déraisonnables :
1/ un choix épistémologique qui, dans le DSM (outil diagnostic des troubles mentaux), déplace les Troubles Envahissant du Développement (TED) vers les Troubles Neuro Développementaux (TND), consacrant ainsi, en dépit d’un pluri-déterminisme de façade, la primauté de la causalité biologique à laquelle l’HAS veut se rallier.
2/ un choix faisant mine de pousser à l’émancipation des usagers qui seraient « soumis à l’emprise obscurantiste de la psychanalyse », au profit d’un combat soi-disant « progressiste » pour l’empowering, la science et la liberté. Mais la psychiatrie scientifique n'ayant pas de véritable existence, si ce n’est virtuelle, cette incitation soi-disant émancipatrice correspond plutôt à un faux progressisme scientiste, autoritaire et rétrograde.
Face à cette véritable entreprise de censure, le risque est grand de voir détruire plus d’un siècle de travail de civilisation, auquel ont participé les psychanalystes, tout particulièrement en pédopsychiatrie. N’oublions pas que c’est aussi la démarche psychanalytique qui a permis d’élaborer d’autres attitudes face à la violence que la contention physique ou chimique, avec l’aide des traitements médicamenteux bien sûr, mais au cas par cas en cherchant le sens des agirs et en soutenant l’engagement personnel des soignants et leur réflexion sur leur travail par un travail de parole et d’élaboration institutionnelle.
(Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté
Rapport d’activité 2024 consultable sur : cglpl.fr).
Compte tenu de la gravité de ces attaques, il est devenu indispensable d’y répondre, collectivement et en tant que citoyens.
Comité d’organisation de la réunion du 18 Février 2026 :
Roland Gori, Patrick Landman, Dominique Tourrès-Landman, Catherine Vanier, Alain Vanier