Séminaire d'été - Les débuts de la pratique

19 Septembre 2026

de 9h30 à 17h à Espace analytique

Programme séminaire d’été du 19 septembre 2026

« Les débuts de la pratique ».

Espace analytique, 10 rue Lebouis 75014 Paris

 

« C’est très difficile d’être psychanalyste parce qu’il faut se mettre dans une position qui est tout à fait intenable » disait Lacan lors de sa conférence de presse du 29 octobre 1974, avant La Troisième. La psychanalyse engage une position singulière, à la fois clinique, théorique et éthique. Elle ne se réduit ni à une méthode applicable de façon uniforme, ni à un ensemble de savoirs constitués. Dès 1913, dans son article sur les débuts du traitement, Freud rappelle que le commencement d’une analyse suppose une attention particulière aux entretiens préliminaires, à la demande du patient, au diagnostic différentiel, au temps, au paiement et au transfert. Mais il souligne aussi que la technique analytique ne doit jamais être mécanisée : elle dépend de la configuration psychique de chaque sujet et de la singularité de chaque rencontre.

Commencer une pratique analytique constitue un moment décisif, traversé par l’enthousiasme, l’anxiété et le doute. Le jeune praticien s’y engage avec son histoire, sa formation, ses lectures, ses stages, mais aussi avec l’expérience de sa propre analyse. Les savoirs acquis sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas : ils peuvent même parfois faire écran à l’inattendu de la clinique et au réel qui surgit dans chaque cure.

Ce passage à la pratique implique une responsabilité particulière : repérer ce qui pousse à recevoir des patients, c’est-à-dire le désir de l’analyste. Celui-ci ne relève pas d’une simple compétence professionnelle, mais d’un travail subjectif issu notamment de l’analyse personnelle. Pour Lacan, l’expérience de l’analyse est centrale, car elle permet à chacun de prendre la mesure de ce qui l’autorise à occuper cette place.

La question de la demande est également essentielle. Celui qui s’adresse à un analyste ne demande pas toujours une analyse ; il peut venir avec une souffrance, une plainte, une urgence, ou être adressé par un tiers. Avec les enfants, cette dimension se complexifie encore, car la demande peut venir des parents, de l’école ou d’une institution. Les entretiens préliminaires permettent alors d’entendre ce qui se joue derrière cette demande, sans enfermer le sujet dans un diagnostic.

Ainsi, les débuts de la pratique analytique ne sont pas seulement un temps d’apprentissage technique, mais un temps d’épreuve et d’invention. Les doutes et les enthousiasmes des jeunes collègues ne sont pas des faiblesses de débutants ; ils témoignent de la vitalité d’un engagement clinique et de la nécessité d’une transmission vivante de la psychanalyse.

 

 

Programme séminaire d’été du 19 septembre 2026

« Les débuts de la pratique ».

Espace analytique, 10 rue Lebouis 75014 Paris

 

 

Matinée

 

9h30 : introduction : Catherine Vanier

 

10h00 à 11h00

Jean Cécé : À travers l’éternel début de la pratique analytique : créer sa propre démarche

Caroline Viéville : Ce que les premiers analysants enseignent à l'analyste. 

Discutante : Sylvie Pouilloux

 

Pause

 

11h30 à 12h30 :

Sandra Stein :  Une élaboration sur les conditions subjectives du désir d’analyste :Les premiers pas d’un analyste devant ce qui insiste dans la parole

Éléonor Rossi :  Les débuts d'une pratique : trouver à faire avec le transfert

Discutant : Olivier Douville

 

 

 

 

Après-midi

 

14h30 à 15h30 :

Claire Picaut : Chute des idéaux et esquisse de sa singularité d'analyste 

Magali Sapriel : Le cadre analytique à l'épreuve lors des débuts de la pratique 

Discutante : Anahit Dasseux Ter Mesropian

 

Pause

 

16h00 à 17h00 :

Nadia Medejel : Cheminements vers une position analytique singulière à partir d’une pratique clinique avec les bébés.

Isabella Marengoni : Quand le transfert passe par l'écran : le début d'une analyse d'enfant en ligne

Discutante : Catherine Saladin

 

 

 

Conclusions : Anahit Dasseux Ter Mesropian & Catherine Saladin