L’année 2025 a sans conteste tiré profit des retombées du Congrès de décembre 2024. L’audience internationale et l’atmosphère chaleureuse qui y régnaient ont ravivé notre dynamisme. Par ailleurs, la confrontation de nos pratiques avec celles de collègues venus d’autres horizons nous a offert l’occasion de renouveler nos approches, enrichies par les contributions de nos confrères étrangers.
Par ailleurs, un nouveau congrès est d’ores et déjà en préparation pour l’année 2028, en collaboration avec nos collègues et amis géorgiens. Il devrait se tenir à Tbilissi, pour autant que le contexte politique nous y autorise.
Chères et chers Collègues,
L’année 2025 a sans conteste tiré profit des retombées du Congrès de décembre 2024. L’audience internationale et l’atmosphère chaleureuse qui y régnaient ont ravivé notre dynamisme. Par ailleurs, la confrontation de nos pratiques avec celles de collègues venus d’autres horizons nous a offert l’occasion de renouveler nos approches, enrichies par les contributions de nos confrères étrangers.
Par ailleurs, un nouveau congrès est d’ores et déjà en préparation pour l’année 2028, en collaboration avec nos collègues et amis géorgiens. Il devrait se tenir à Tbilissi, pour autant que le contexte politique nous y autorise.
Ces relations avec de nombreux pays étrangers, tels que la Géorgie, le Liban, l’Arménie, nous offrent l’occasion de rappeler combien il est nécessaire de demeurer fidèle à son désir d’être analyste afin de pouvoir exercer dans un climat social ambiant difficile.
En France, nous avons récemment fait l’objet de nombreuses attaques dirigées contre la psychanalyse, dont les deux plus récentes concernent l’amendement 159 et le projet de loi n° 385. L’amendement 159 visait à interdire tout remboursement des prises en charge se référant à la psychanalyse pour l’ensemble des pathologies mentales — troubles du neurodéveloppement, états anxieux, états dépressifs, entre autres — visant ainsi tout particulièrement le travail en institution.
Il a finalement été retiré, la ministre de la Santé ayant souligné la complexité de sa mise en œuvre, notamment en raison de la diversité des diplômes et des qualifications des professionnels concernés. Une pétition a circulé réunissant plus de 100 000 signatures. Nous pouvons en remercier le syndicat national des psychologues.
Après l’amendement 159, un nouveau projet de loi, le n° 385, remet en cause l’organisation des soins psychiatriques. Il va être discuté le 16/12/2025. Déposé sans aucune concertation avec les acteurs du secteur, il prévoit une extension nationale des centres experts, présentée comme source d’importantes économies. Créés en 2007 par la Fondation FondaMental, ces centres — aujourd’hui au nombre de 54 — se consacrent à certains troubles psychiatriques spécifiques et ne sont pas habilités à traiter les urgences. Ils sont globalement destinés à l’élaboration d’un diagnostic, sont opposés dans l’ensemble aux thérapeutiques en référence avec la psychanalyse et permettraient de nouvelles coupes financières dans les services qui offrent de s’occuper des patients sur le plan thérapeutique. Une lutte contre ce projet s’est organisée avec la rédaction d’une pétition et d’une tribune signée par la plupart des écoles analytiques sous l’impulsion de Patrick Landman.
Espace analytique a signé cette tribune qui sera adressée aux députés et aux sénateurs, fidèle à son engagement auprès des patients, à leur inclusion dans la Cité, et à son engagement dans la psychiatrie avec une lecture en référence à la psychanalyse.
À l’opposé de ces évolutions préoccupantes, soulignons le dynamisme d’Espace analytique. Le nombre de séminaires témoigne de la vitalité de nos activités. Des séminaires se tiennent d’ailleurs avec des thèmes de recherche tels que le travail sur le numérique et la clinique psychanalytique des Queers. Une seconde journée d’études a également été initiée cette année ayant pour thème les urgences en psychanalyse ; tenue le 15 novembre 2025, elle a rencontré un réel succès, et il apparaît souhaitable de renouveler cette initiative.
Le séminaire d’été, particulièrement dense et stimulant, a confirmé la qualité du travail engagé au sein de notre association.
Les groupes de travail poursuivent leurs activités et présentent le fruit de leurs réflexions lors d’une journée qui leur est spécialement consacrée : l’enrichissante Journée des cartels.
Par ailleurs, Espace Études connaît une extension significative de sa participation, signe de l’intérêt manifesté par de jeunes psychanalystes désireux d’approfondir leur formation et de s’inscrire durablement dans le champ de la psychanalyse. Espace études atteint pratiquement 200 participants.
Si le nombre de séminaires demeure globalement stable, nous constatons une véritable dynamique de travail, en particulier à travers la multiplication des colloques qui nous sont proposés. À cela s’ajoutent le Salon de lecture, les travaux menés autour du théâtre et de la danse, la journée organisée par le CIAP, ainsi que le colloque intitulé Frontière et identité.
L’activité en province se maintient, tandis que celle des associations du Réseau d’Espace analytique à l’étranger connaît un essor notable, notamment en :
• Arménie
• Belgique
• Brésil
• Bulgarie
• Géorgie
• Irlande
• Liban
• Sénégal France
L’ensemble de ces groupes établis à l’étranger témoigne d’une activité particulièrement soutenue, portée par l’engagement conjoint de nombreux psychanalystes exerçant en France et des analystes de chaque pays. Ainsi certains psychanalystes basés en France se déplacent régulièrement sur place.
Un changement majeur intervient cette année dans la revue, qui entreprend une modernisation significative. Elle adoptera en effet un format numérique accessible à toutes et à tous. Une version imprimée sera envoyée uniquement à celles et ceux qui en ont formulé la demande. Cette évolution devrait permettre de réaliser des économies et de maintenir un travail soutenu avec deux numéros par an.
Au sein des différentes soirées et colloques consacrés à des ouvrages ou à des thématiques singulières, il convient de souligner notamment les rencontres dédiées à l’œuvre de Maud Mannoni, ainsi que celles organisées autour du livre de Ginette Michaud, portant sur la thérapie complète d’une patiente schizophrène, et de l’ouvrage de Patrick Landman consacré à la question de l’inclusion des personnes autistes. Alain et Catherine Vanier ont également publié un livre traitant des formes particulières de maternité, et l’on peut mentionner enfin l’ouvrage récent de Marielle David : Penser : le tissu, la marche, et le sexuel.
Cette liste n’étant pas exhaustive, il conviendra de se reporter à la Lettre d’information et à la Lettre interne pour en obtenir un aperçu complet.
Au terme de cette année, et pour conclure, il apparaît essentiel de réaffirmer la modernité qui traverse l’ensemble de nos travaux. Celle-ci témoigne non seulement de la vitalité de notre réflexion, mais également de notre capacité à inscrire notre démarche dans les enjeux contemporains. Je souhaite également mettre en lumière l’engagement indéfectible qui nous anime pour soutenir, promouvoir et défendre la singularité de notre orientation, engagement qui se manifeste tant dans nos pratiques que dans nos prises de position.
Mme Dominique Tourrès-Landman
Présidente d’Espace Analytique