Chères et chers collègues,
Nous avons pris connaissance des nouvelles recommandations émises le 12 février 2026 par la Haute Autorité de Santé relatives à l’autisme chez l’enfant et l’adolescent. Celles-ci stipulent notamment que la psychanalyse ne saurait être recommandée dans ce champ, position qui affecte directement les institutions dont les pratiques s’inscrivent dans une référence analytique.
Chères et chers collègues,
Nous avons pris connaissance des nouvelles recommandations émises le 12 février 2026 par la Haute Autorité de Santé relatives à l’autisme chez l’enfant et l’adolescent. Celles-ci stipulent notamment que la psychanalyse ne saurait être recommandée dans ce champ, position qui affecte directement les institutions dont les pratiques s’inscrivent dans une référence analytique.
Il convient de rappeler que les secteurs de pédopsychiatrie, institués dans les années 1970, s’inscrivent dans la continuité des mouvements associatifs de l’après-guerre, lesquels ont largement contribué à l’essor de cette discipline dans les décennies 1950 et 1960, en s’appuyant notamment sur les fondements de la psychanalyse. À cet égard, les orientations actuelles peuvent être perçues comme une atteinte aux bases historiques et théoriques de la pédopsychiatrie.
Par ailleurs, l’évolution contemporaine du cadre d’exercice médical tend à restreindre progressivement la liberté des médecins de déterminer leurs choix thérapeutiques. Cette contrainte apparaît d’autant plus marquée pour les psychologues exerçant en libéral, lesquels ne bénéficient pas, à ce jour, d’une protection équivalente.
Il importe de préciser que les pratiques concernées ne relèvent pas à proprement parler de la cure psychanalytique classique. Elles s’inscrivent davantage dans des dispositifs où la subjectivité du jeune patient occupe une place centrale. Le corpus psychanalytique post-freudien constitue, à cet égard, un champ de recherche rigoureux, dont l’une des préoccupations majeures est de favoriser l’émergence du langage, non pas comme un outil imposé par des techniques de rééducation, mais comme une expression subjectivée du sujet.
Nous avons également été confrontés, par le passé, à un rapport émanant de l’Organisation des Nations Unies qualifiant les hôpitaux de jour de lieux de ségrégation, supposément coupés de la vie sociale, voir le rapport de 2017, suivi des rapports de septembre 2021. La fermeture de tous les hôpitaux de jour ainsi que les établissements médico- sociaux accueillant des enfants autistes était ainsi la solution préconisée. Une telle représentation apparaît en décalage avec la réalité de ces structures, lesquelles proposent fréquemment des activités ouvertes sur l’extérieur et favorisent l’inclusion réussie dans la cité.
Dans le même temps, en ce début d’année, une campagne médiatique a contribué à associer la psychanalyse à des pratiques de maltraitance, notamment à travers la question des chambres d’isolement, alors même que ces dispositifs ne relèvent en rien de l’approche psychanalytique.
Dans ce contexte, l’association Espace analytique a engagé un recours devant le Conseil d’État, déposé le vendredi 10 avril 2026, en concertation avec plusieurs autres associations analytiques, parmi lesquelles LALI, les Forums du Champ Lacanien, la SPF et le Cercle freudien, Analyse Freudienne, le Quatrième Groupe ainsi qu’une association réunissant des professionnels, des parents d’enfants autistes défendant l’approche psychanalytique dans l’autisme, CAP Autismes.
Outre ce recours juridique, des actions de communication et de lobbying vont être engagées qui ont un certain coût. Espace analytique soutient l’initiative d’un « Crowdfunding » pour une « Campagne de don pour la défense d’une psychiatrie et d’une psychologie humaniste et rigoureuse ». Ce crowfunding se trouve en tapant le titre ci-dessus.
Je vous communique également le lien pour accéder à la campagne :
Le crowfunding est hébergé par la Fédération Française de Psychiatrie et possède un comité de surveillance.
En définitive, face aux représentations réductrices et aux amalgames dont certaines approches font aujourd’hui l’objet, il apparaît essentiel de réaffirmer la complexité et la diversité des pratiques cliniques, ainsi que leur inscription dans une exigence éthique et humaniste. La préservation d’une pluralité des approches en psychiatrie et en psychologie constitue un enjeu majeur, tant pour la qualité des soins que pour le respect des singularités des patients.
C’est dans cette perspective que s’inscrivent les actions engagées, lesquelles appellent à une mobilisation collective, tant sur le plan juridique que sociétal.
Dominique Tourrès-Landman
Présidente